L'attente

- le temps d'une mazurka

30 août 2007

plano y contraplano

Madrid / je fais du courrier plaza Santa Ana / un detour chaque soir Plaza del Oriente / infirmerie du Centro Reina Sofia / ne pas quitter des yeux les toiles de Goya / occuper les sieges de la Filmoteca / ecrire dans le metro sur des marches sur des bancs dans des parcs / restee fascinee Plaza de las Ventas / surrealisme / rentrer faire la sieste / flaner a Lavapies / et a Salamanca / et a Austrias / Madrid / Madrid / Madrid / mon ete ne se termine pas ///

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21 août 2007

chuchotement

Assise en tailleur sur la jetée, face à la mer en colère, j'ai respiré très fort et repoussé chaque fois à plus tard le moment de partir. Yeux humides et mains coincées dans les poches de la veste, comme le matin quand j'ai froid à vélo et que je joue à l'équilibriste.

Assise en tailleur sur la jetée je pensais que cet océan était une ressource, un lieu gardé en mémoire depuis d'autre jetées - aux souvenirs, j'ajoute celle-là.

Assise en tailleur sur la jetée j'ai brouillé les derniers jours pluvieux, et chuchoté aux vagues combien j'étais d'ici.

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20 août 2007

la lluvia

Rien d'ici ne peut être photographié, mais je garde des images.

Les envies se précisent, et dans les jours de pluie je range les lettres au bord de la fenêtre et je lis en tailleur sur le lit. J'ai hâte à un million de choses, et j'aimerais retenir toujours le silence du matin, l'odeur fraiche du dehors à sept heures du matin, et celle apaisante du café dans la cuisine.

Je garde des images, en attendant la suite.

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15 août 2007

¿por qué la palmas de las manos tienen más memoria que la memoria?

15 août. Le temps s'accélère et les émotions s'entremêlent. A midi je pleurais dans la petite chambre d'un manque coincé quelque part dans le corps, je pleurais d'être une enfant. A minuit je fermais les yeux sous le figuier du jardin, dans l'apaisement d'un diner sur la terrasse, au verres de vin blanc et douceurs. 15 août. Je découvre Mario Benedetti, achète mon billet de retour, me réveille chaque matin un peu plus tard que la veille. 15 août Les échos, les chants au réveil, les cheveux plus courts, les enveloppes timbrées. 15 août. De ces jours, de ces nuits. Il ne reste rien.

Posté par mazurka à 11:33 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 août 2007

la luz de los días

La peau est salée et le maillot brun noué autour du cou. Cette après-midi la marée montait, et à la fin, entre l'ombre et l'eau il ne restait qu'assez de place pour s'échapper. Il parait qu'on a entamé août, qu'on ne peut pas y échapper. Aquí el sol se pone más tarde que en Francia, pues a lo mejor me queda más tiempo. Ici le soleil se couche plus tard qu'en France, alors peut-être qu'il me reste plus de temps. Je voudrais des jours étirés.

Je voudrais. Dire les discussions assises sur les marches en pierre, les rayures de lumière à la salle de bain, la pile de journaux que je transporte chaque matin, le bonjour du boulanger. Je voudrais dire les questions des clients cent fois posées auxquelles je réponds avant qu'ils ne terminent, les francais qui demandent à que je les aide à traduire, les détails qui peuvent m'énerver, les heures creuses, et l'inverse. Je voudrais dire tout ce dont je me rends compte, dire les souvenirs, l'appartement blanc qui me manque. Dire le rapport à la langue après un mois ici.

Et puis, je voudrais dire qu'en espagnol, je n'ai pas de pudeur. Je l'ai compris cette semaine.

Posté par mazurka à 19:46 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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