29 novembre 2007
thé orange-mangue
Thé orange-mangue, le froid en ressortant, le décalage.
Je perds un peu les jours qui s'égrainent, ma cousine croisée sur un passage piéton après dix mois de silence, la table ronde en bois et nos exclamations en goûtant nos desserts, la lumière près du Rhône, une disserte envoyée par mail, Le Mariage de Figaro et tes annotations, le livre de recettes ouvert sur la table, le conférence de presse et les mains serrées, les lignes de bus au hasard pour rentrer, les enveloppes colorées postées ou reçues.
Ce week-end je n'ai pas mis le nez dehors, seulement dessiné une spirale sur la
vitre, il y avait encore la marque de celle de la dernière fois - c'est
vrai qu'il ne faut jamais dessiner sur les vitres, jamais. Cake
pommes-raisins-cannelle, feu dans la cheminée, paroles qui traversent.
Les mails s'emmêlent, réponses de professeurs, polycopiés devant la bibliothèque. Les communiqués inquiètent, fatiguent. Je voudrais de nouveau me retrouver debout dans la petite chambre, à dessiner une spirale, plutôt que d'être là à attendre. A t' alors que ça ne sert à rien.
23 novembre 2007
ô les beaux jours
Le froid est revenu d'un coup. Place du 11 novembre je me suis mise à pleurer, et ce soir, en sortant du théâtre sur les pavés mouillés, ta voix.
Je n'envisage rien sans lui.
21 novembre 2007
(dois-je comprendre que tu m'oublies déjà)
Une croix sur la main, l'après-midi a eu une allure étonnante - ancien français, latin, changer de bibliothèque et respirer pendant le quart d'heure de tramway. Je ne sais plus à quoi croire, ni quels jours sont les vrais.
Jambes en tailleur, lever la main pour le blocage. Un tramway qui se remplit jusqu'au point de rendez-vous, les rues changées, le cortège ne finissait pas même si on restait longtemps à regarder en arrière. Des interventions au premier étage d'un bar. Les berges du Rhône, la déception des clémentines, une porte poussée, nous voulions êtres discrètes, mais. AG de la faculté, les points de vue marqués. Discussions qui s'étirent dans la rue, nuit qui tombe. Voix au téléphone. Rendez-vous raté, AG de grévistes qui commence en retard. Nous sommes partis avant la fin. La publication des résultats du vote électronique. Maintenant il ne s'agit que d'un compte-à-rebours. (...).
Une croix sur la main, essayer de se convaincre d'autre chose, de ne pas penser à l'intervention policière qui aura lieu, au matin qui angoisse tant les opinions divergent, aux partiels. Je n'y arrive pas vraiment. (Où est-ce qu'on va ?)
17 novembre 2007
je n'en peux plus de rester là à t'attendre
Le béret posé sur la table de la bibliothèque, vendredi matin je n'ai croisé par hasard ni Marie ni ce garçon dont j'ignore le prénom, mais toi, et chaque jour je me sens un peu plus (...). Je ne sais pas. Il me manque quelque chose, un appui, une présence, toi toi toi où est-ce qu'on va ? Pull gris, les fiches d'histoire culturelle dans le salon blanc, Beaumarchais accompagné de Dominique A ou d'Alexis HK parce que je travaille à côté du rayon musique. Je raye des choses sur la liste, mais peut-être pas le plus urgent.
Jours passés dans l'incompréhension, à guetter des nouvelles, lire les
communiqués de la présidence, être paumée au milieu de tout ça. Ce matin, porte de l'amphi poussée avec elle, heure du petit-déjeuner, du temps a passé avant qu'il y ait véritablement des discussions. Je ne sais pas si je suis moins perdue.
Mains gelées, où est-ce qu'on va ? Ce matin quand je suis descendue R. était pieds nus et j'ai servi son thé dans un très grand bol. Mots du matin, gentillesse, et un lieu terriblement doux - un lieu à garder. Quand les petites ont éteint la lumière hier soir j'ai entendu leurs chuchotements longtemps, et c'est drôle de passer de l'autre côté, de n'être plus la petite fille qui discute dans le noir avec son amie mais celle qui vient les garder.
Il reste moins de quinze jours à novembre.
14 novembre 2007
où sont nos amoureuses
Courir à deux sous la pluie jusqu'au métro, lumières de la nuit. Elles donnaient de l'élégance au Rhône, et dans la cale d'une péniche nous avons eu des paroles, nous avons grappillé des heures après la conférence. Quelques notes, un article à écrire. Plus tard je te disais au téléphone "bon ben je traverse les lignes du tram et j'arrive, alors" et rien que ça, rien que ça, ça me. Hier il n'y a pas eu de larmes, et c'est à noter.
Depuis lundi quelque chose se passe, les hésitations n'en sont plus tellement au fur et à mesure des discussions, des rencontres, des articles lus. Hier, assises sur des marches, nous parlions d'un pas à franchir, d'une cohérence à avoir pour que le comportement suive les idées. (...) La fac est bloquée (et je ne suis pas contre). Il y aura eu une AG de trois heures, une sono arrangée dans un gymnase, 1500 personnes.
Il y aura eu les heures en bibliothèque, nos récits qui entrecoupent les fiches bristol, ces récits qui nous rapprochent. Jupes et collants, à la fin de l'après-midi on avait chacune deux écharpes et toujours le bout du nez gelé. Les coups de fil où l'on chuchote, Belle du Seigneur dans la nuit, la musique au matin pour se réveiller. Tout est suspendu.
12 novembre 2007
alors courir en arrière et revenir au début
La Part Dieu a été décidée sur un coup de tête, c'est quand je me suis assise sur le quai que j'ai commencé à reprendre mon souffle. Les larmes en raccrochant, hésiter dans les sanglots, regarder les horaires, demander si on peut venir me chercher dans la nuit. Le train était vide, le contrôleur n'annonçait pas les bonnes gares et mon frère n'était pas coiffé.
Après avoir passé la porte j'ai retrouvé l'apaisement.
Première levée, les heures de travail repoussaient certaines inquiétudes, jusqu'à ce qu'elles reviennent au galop. Accueillir mon frère avec un thé de Chine, cerneaux de noix, sablés maison, dimanche matin en descendant j'ai sautillé du feu dans la cheminée et du brownies qui cuisait. Plus tôt, je laissais des crêpes sur la toile cirée, à côté du sucre et des confitures. Ma mère et moi échangeons des douceurs.
Je n'ai pas aimé cette semaine, l'absence creusée, les nerfs à bout, les révisions qui n'avancent pas. Je n'ai pas aimé. J'attends ces nuits où nous ne dormons pas à force de paroles, j'attends de retrouver les heures qu'on nous vole, ta présence rassurante. Je n'attendais pas ce qui a été le cocon de ce week-end, et si je soupire ce n'est que d'avoir respiré.
07 novembre 2007
dans le vide
Dans le couloir, ses sanglots me rappelaient les miens, ceux qui, lundi soir, se sont échappés après que j'ai raccroché. Les soirs sont tristes, un peu, beaucoup, le téléphone sonne dans le vide tu ne décroches pas, je regarde mes fiches bristol sans comprendre, les partiels défilent ou s'approchent mais je n'y suis pas. Des rêves comme des cauchemars qui me collent toute la journée. La nuit qui tombe d'un coup. La fatigue qui devient banale. On parle de théâtre au travers de la salle avant d'écrire nos noms sur les copies, et quoi d'autre ? Sérieusement, je ne sais pas.
05 novembre 2007
on s'est rencontrés à tue-tête
Hier soir en sortant du métro j'ai grimpé les marches deux à deux pour faire comme les garçons devant moi, je trouvais ça réconfortant. D'abord je me suis trompée de cinéma et j'ai couru pour être à l'heure, ensuite j'oubliais d'entrer dans la salle en lisant une critique affichée.
Mes larmes n'étaient pas vraiment douces, même pas amères, seulement douloureuses. Le carnet bleu.
Rue Mariett*n, enlever les chaussures pour entrer dans le dojo. On a déjeuné au breton, il était garé à l'opposé de la bouche de métro alors on s'est dit aurevoir sur le trottoir. Nous nous sommes dit, peut-être à samedi prochain.
Première copie rendue en milieu d'après-midi, le découragement, alors je n'ose même pas imaginer les jours où j'aurai à en rendre trois. Je n'ose même pas imaginer. Maladresses, oublis, mains tremblantes, corps en vrac.
Le retour de ce quotidien ne me plaît pas.
01 novembre 2007
ne pas me perdre
la collection des heures passées en bibliothèque s'élargit / sortir en fin d'après-midi / thés et douceurs, parler longtemps face à nos reflets / chocolat noisette et écriture / courir pour une séance de cinéma / des phrases qui font rire dans la nuit / ne pas oser autant qu'il le faudrait / petite mine endormie / opéra / expliquer la syntaxe / plaid et laine des pulls / page du calendrier / ma montre n'est toujours pas à l'heure / j'ai peur.
